RAPPEL : Les cycles de conférences ont lieu aux Archives de Paris, 18 boulevard Sérurier, 75019 Paris

(M° et Tram Porte des Lilas, bus 61, 64, 69, 96), le mardi à 15h30 (sauf exception).

Programme des conférences d'octobre 2026 à janvier 2027

Mardi 6 octobre 2026, à 15h30, aux Archives de Paris, Salle Verlaine

Jean-François MOUFFLET, docteur en histoire médiévale, conservateur en chef aux Archives nationales

Les séjours de Saint Louis en Île-de-France : la place centrale de Paris

Au XIIIe siècle, le quotidien de la royauté française est réglé par un nomadisme qui l’amène à voyager d’une résidence à l’autre. Le roi et sa cour s’installent pour quelques jours dans un palais ou un manoir rural avant de changer de demeure.

Comme chez ses prédécesseurs, et en dépit d’accroissements significatifs du domaine royal, Louis IX reste fidèle à une itinérance qui fait de l’Île-de-France, qu’on appelait alors Francia, l’espace résidentiel privilégié des Capétiens. Parmi tous les lieux fréquentés par le roi, Paris occupe bien évidemment une place centrale : il suffit de rappeler la construction de la Sainte-Chapelle, l’ancrage de la toute nouvelle cour du Parlement au sein du palais de l’île de la Cité ou encore la réception du roi d’Angleterre Henri III pour constater que Paris est bien « capitale » du royaume.

Cette conférence abordera le mode de vie itinérant de Saint Louis et ses habitudes résidentielles en Île-de-France afin de montrer de quel réseau de localités Paris est devenu le centre incontournable et le passage obligé. Elle se concentrera dans un second temps sur les liens entre le roi et sa capitale :  où résidait-il dans Paris ?  Quelles occasions l’amenaient à y séjourner ? Quels aménagements y fit-il ? Quelle place symbolique Paris a-t-elle acquise au cours de ce règne ?

Mardi 10 novembre 2026, à 15h30, aux Archives de Paris, Salle Verlaine

Nicolas SAMUELIAN, docteur en archéologie, archéologue à l’INRAP et chercheur associé à l’ UMR 8068 TEMPS (Technologie et ethnologie des mondes préhistoriques), membre de la Société d’histoire de Nanterre

À Nanterre, 2500 ans d’histoire racontée par l’archéologie

Depuis les années 1990 et le développement de l’archéologie préventive, l’histoire de Nanterre, qui était jusqu’alors principalement connue par les textes anciens s’est considérablement enrichie grâce à une quarantaine de diagnostics et une dizaine de fouilles. L’archéologie a permis de mesurer l’importance de Nanterre au tournant de notre ère, lors du passage de la culture celtique à la culture latine, et plus récemment d’évaluer l’impact de l’implantation en 1642 d’un collège de l’ordre de Sainte-Geneviève au cœur du village. L’histoire de Nanterre depuis la période gauloise jusqu’aux vestiges de la Seconde Guerre mondiale sera ainsi dévoilée à travers plusieurs exemples archéologiques.


Mardi 15 décembre 2026, à 15h30, aux Archives de Paris, Salle Verlaine

Robert DESCIMON, directeur d’études émérite à l’École des Hautes Etudes en Sciences Sociales, membre du conseil d’administration de la Société de l’histoire de Paris et de l’Île-de-France

Les porteurs de la châsse de sainte Geneviève 1525-1624 : analyse sociale et religieuse

La compagnie des porteurs de la châsse de sainte Geneviève est une institution emblématique du catholicisme parisien. Apparue seulement en 1525, elle tint un rôle important dans le combat catholique durant les guerres de Religion. Les historiens ont porté l’accent sur certains porteurs qui se sont signalés comme d’insignes massacreurs lors de la Saint-Barthélemy. En réalité, la sensibilité religieuse des porteurs était diverse. En choisissant d’arrêter l’étude en 1624, lors de la réforme de l’abbaye Sainte-Geneviève, on a retenu un corpus d’environ 180 personnes, qui permet de cerner l’évolution de la confrérie, d’abord composée de modestes artisans des faubourgs habitant non loin de l’abbaye, puis de notables marchands de second rang.


Mardi 12 janvier 2026, à 15h30, aux Archives de Paris, Salle Verlaine

Karin UELTSCHI-COURCHINOUX, professeur de langue et littérature du Moyen-Age à l’université de Reims Champagne-Ardenne

Un idéal bourgeois au féminin : culture morale, vertus sociales et pratique domestique. L’exemple du Mesnagier de Paris (1393)

L’exploration d’un idéal peut venir enrichir notre intelligence de toute une période historique. Un ouvrage exceptionnel de la fin du XIVe siècle, le Mesnagier de Paris, qui traite de ces questions, est parvenu jusqu’à nous ; aux antipodes de l’univers des scriptoria monastiques, il nous plonge au cœur de grandes problématiques posées par la vie dans le monde et la société, enfin dans Paris. « Véritable Bible domestique » écrite par un bourgeois vieillissant pour la toute jeune femme qu’il vient d’épouser, le Mesnagier contient en particulier des leçons de morale et de vertu mais aussi de savoir vivre et d’économie domestique et même des recettes de cuisine. En filigrane se profilent les traits de la parfaite épouse et ménagère


Programme des conférences du dernier cycle (février à juin 2026)

Mardi 24 février 2026, à 15h30, aux Archives de Paris, Salle Verlaine

Bruno NARDEUX, Docteur en histoire médiévale

Un pays normand dans l’orbite de Paris au Moyen Âge : la forêt de Lyons (XIIIe - XVe siècles)

L’histoire médiévale de la forêt de Lyons, située aux confins de la Normandie face à l’Île-de-France ne laisse pas de surprendre. Cet ancien domaine de chasse des ducs de Normandie et des rois d’Angleterre où alternent futaies et taillis, landes et champs cultivés n’est pas tombé dans l’oubli en 1204. Bien au contraire, la conquête du duché par les Capétiens offre à la forêt de Lyons un nouvel âge d’or. Alors que l’administration royale transforme au XIIIe siècle cette forêt mosaïque en un pays de cocagne réputé pour ses grandes chasses à courre, son haras royal, ses verreries et ses viviers abondants, Philippe le Bel décide d’y établir un véritable système résidentiel. Un nouvel écosystème naît alors aux confins de l’Île-de-France où la société de cour qui suit le roi à chacun de ses séjours en forêt de Lyons - 70 repérés par exemple entre 1286 et 1328 - compte désormais plusieurs Lyonsais. Des grands veneurs, des maîtres des Eaux et Forêts, des chambellans et un même un favori du roi, en la personne d’Enguerrand de Marigny aussi actifs en Lyons qu’à Paris où en Île-de-France…


illustration publiée avec l'aimable autorisation de Boris Bove

Mardi 10 mars 2026, à 15h30, aux Archives de Paris, Salle Verlaine

Pierre Emile RENARD, président du Désert de Retz, Jardins des Lumières et vice-président d’Histoire des Yvelines

Le Désert de Retz, une histoire de 250 années

Le Désert de Retz situé à Chambourcy à l’orée de la forêt de Marly est un jardin anglo-chinois de la fin du XVIIIe qui a subi de multiples et longues vicissitudes. Après une ouverture au public de 1986 à 1995, il est, depuis 2010, de nouveau accessible et sa restauration a repris grâce à l’action de la municipalité.

C’est à la fois l’histoire de la création, du progressif abandon et du sauvetage de ce lieu exceptionnel, classé Monument Historique et Jardin Remarquable qui sera relaté à travers un diaporama très fourni. Le conférencier s’est attaché, depuis plus de 60 ans, à en découvrir l’histoire, à le faire connaître et à accompagner sa renaissance.



Désert de Retz, la colonne détruite. Photo P.-E. Renard


Mardi 7 avril 2026, à 15h30, aux Archives de Paris, Salle Verlaine

Thierry CLAERR, conservateur général des bibliothèques, responsable de la bibliothèque des Archives nationales et Fabien PLAZANNET, conservateur général de bibliothèques, directeur de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris

Autour de la Danse macabre des Saints-Innocents 

Évoquée par le Journal d'un bourgeois de Paris, la Danse macabre des Saints-Innocents est créée en 1424-1425, en plein cœur de la capitale, dans le contexte politique et social dramatique que connaissent alors Paris et la France. Très vite célèbre et reproduite en dehors des frontières du royaume, la Danse macabre connaît soixante ans plus tard une nouvelle popularité lorsqu'à partir de 1485, l’imprimeur parisien Guy Marchant a l'idée de s'en inspirer et de l'adapter dans une version imprimée aussitôt appelée à un grand succès, pour longtemps l'un des best-sellers de la littérature populaire.



Fedor Hoffbauer, reconstitution de la Danse macabre

 sous les arcades du cimetière des Saints-Innocents, BHVP, 2-ICO-0369-(01)

Mardi 12 mai 2026, à 15h30, aux Archives de Paris, Salle Verlaine

Giacomo d'ANDREA, Docteur en histoire de l'art

La tapisserie à l’époque de Charles VII

L’acquisition par le musée du Louvre, en 2010, du Dais de Charles VII, ainsi que l’exposition que le musée de Cluny a consacrée en 2024 aux arts en France sous son règne, ont ravivé l’intérêt pour une période particulièrement féconde de la création artistique.

Cette conférence se propose d’examiner l’art de la tapisserie à l’époque de Charles VII en s’appuyant à la fois sur les sources d’archives conservées et sur les rares œuvres qui nous sont parvenues. Le parcours proposé embrassera les près de quarante années du règne, en mettant en lumière les commandes de la cour comme celles des principautés voisines, et en soulignant la place de la tapisserie au croisement des arts somptuaires et du renouvellement pictural qui marque la dernière saison du gothique.




Tapisserie dite Les cerfs ailés (1453-1461), détail, Rouen, Musée des Antiquités


Mardi 9 juin 2026, à 15h30, aux Archives de Paris, Salle Verlaine

Florence BOURILLON, professeur émérite de l’UPEC, Laurent COUDROY de LILLE, maître de conférence en géographie à l’École d’urbanisme de Paris (UPEC), Olivier MILLET, professeur émérite à Sorbonne université (lettres)

Les plaques commémoratives dans l’espace public parisien

L’art de l’inscription publique a été renouvelé à la Renaissance d’abord en Italie puis en France. La fondation de l’académie des Inscriptions et Belles Lettres était destinée à le cultiver. Paris est la ville de France qui compte le plus d’inscriptions et de plaques commémoratives dans l’espace public, surtout depuis le XIXe siècle, en lien avec les événements qui s’y sont déroulés et le rôle de capitale mondiale qu’elle a assumé. Les plaques contribuent, en effet, au marquage du paysage et des lieux en donnant à lire et à reconnaître des noms, dates, événements et récits. Un relevé qui a tenté d’être le plus exhaustif possible et la constitution d’un système d’information géographique (SIG) consultable sur le site de la Ville de Paris, devraient conduire à revenir sur cette histoire à la fois matérielle et symbolique de l’espace parisien.


© photos Laurent Coudroy de Lille                       



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